Histoire de Saint-André
Des origines au XIV ème siècle
La communauté bénédictine de Saint André, dont les origines remontent au VIème siècle, est officiellement reconnue en 999 par le pape Grégoire V. L'Abbaye connaît dès lors un essor considérable, devenant une des abbayes les plus influentes du Sud-Est de la France, accueillant au début du XIVème siècle près de 80 moines. 212 établissements seront rattachés à Saint André dont les nombreuses constructions s'étalent au pied du Mont Andaon : la première église (Saint Martin) est érigée en 1024 à côté du cloître mais l'importance de la communauté nécéssitera quelques anneés plus tard la construction d'une seconde abbatiale, celle de Saint André, qui donnera son nom à l'Abbaye. Saint André devient une abbaye royale en 1226, grâce à l'acte de paréage signé entre Louis VIII, venu mettre la main sur ses nouveaux domaines méridionaux, et son hôte Bertrand de Clausonne, alors abbé de la communauté bénédictine. L'acte, confirmé en 1292 par Philippe le Bel, prévoit la construction de deux forteresses sur la rive languedocienne du Rhône : la tour Philippe le Bel et le Fort Saint André, marches avancées de la monarchie capétienne face à Avignon, résidence des Papes à partir de 1309.
LE XV ET LE XVI

Peu à peu pourtant, la vie spirituelle de la communauté marque le pas, et la mise en commende de Saint André ne fait qu'accélérer un processus de décadence engagé au cours du XIV. A partir du XVI en effet, le Roi nomme à sa convenance les abbés, appelées commendataires, souvent des clercs non moine profitant des revenus de leur possession comme des biens personnels. De nombreux moines vivent hors de l'Abbaye, dispersés dans des prieurés lointains, les bâtiments ne sont plus entretenus, partiellement à l'abandon.
LE XVII ET LE XVIII

Au début du XVIIème siècle, Saint André se rallie à la Congrégation de Saint Maur, nouvelle congrégation bénédictine érigée par le pape Grégoire XV en 1621. Dans un contexte de Réforme de l'Eglise Catholique Romaine, les mauristes prônent un retour à la discipline monastique, l'ascèse, la régularité et une vie orientée vers l'activité culturelle. Au point de vue architectural, les moines, bénéficiant d'un retour progressif des charges à la mense conventuelle, engagent un vaste programme de construction, modifiant profondément l'aspect du monastère. Des bâtiments classiques, visibles toujours de nos jours, vont englober l'ancienne abbaye romane et quand éclate la Révolution Française, se dresse en face du Palais des Papes une abbaye imposante, mais occupée par onze moines seulement. L'Abbaye Royale Saint André connaît ses dernières heures : ses biens sont confisqués en 1791 et le 3 septembre 1792 les moines reçoivent l'ordre de se disperser.
Vendue comme bien national, l'Abbaye sera en grande partie démolie et ses matériaux revendus. Il faudra attendre le début du XXème siècle pour que Saint André connaissance sa renaissance, grâce à l'action conjointe de Gustave Fayet et d'Elsa Koeberlé.



